—Pas même quelques pauvres ascalins?
—Non, non, rien; pas de quoi acheter la peau d’un rat ou l'âme d’un homme.
Le guichetier hocha la tête:
—C’est différent; tu as tort de te plaindre; ta cellule n’est pas aussi froide que celle où tu dormiras demain, sans t’apercevoir, je te jure, de la dureté du lit.
Cela dit, le guichetier se retira, emportant une malédiction du monstre, qui continua de se mouvoir dans ses chaînes, dont les anneaux rendaient par intervalles des bruits faibles, comme s’ils se fussent lentement brisés sous des tiraillements violents et réitérés.
La porte de chêne s’ouvrit; un homme de haute taille, vêtu de serge rouge, et portant une lanterne sourde, entra dans le cachot, accompagné du guichetier qui avait repoussé la prière du prisonnier. Celui-ci cessa tout mouvement.
—Han d’Islande, dit l’homme vêtu de rouge, je suis Nychol Orugix, bourreau du Drontheimhus; je dois avoir demain, au lever du jour, l’honneur de pendre ton excellence par le cou à une belle potence neuve, sur la place publique de Drontheim.
—Es-tu bien sûr en effet de me pendre? répondit le brigand.
Le bourreau se mit à rire.
—Je voudrais que tu fusses aussi sûr de monter droit au ciel par l’échelle de Jacob, que tu es sûr de monter demain au gibet par l’échelle de Nychol Orugix.