—En supposant que j’en aie une.—Crois-tu donc, bourreau du Drontheimhus, que tu pourrais faire partir l’esprit d’Ingolphe du corps de Han d’Islande, sans qu’il emportât le tien?
La réponse du bourreau commença par un éclat de rire.
—Ah, vraiment! nous verrons cela demain.
—Nous verrons, dit le brigand.
—Allons, dit le bourreau, je ne suis pas venu ici pour t’entretenir de ton esprit, mais seulement de ton corps. Écoute-moi!—Ton cadavre m’appartient de droit après ta mort; cependant la loi te laisse la faculté de me le vendre; dis-moi donc ce que tu en veux.
—Ce que je veux de mon cadavre? dit le brigand.
—Oui, et sois consciencieux.
Han d’Islande s’adressa au guichetier:
—Dis-moi, camarade, combien veux-tu me vendre une botte de paille et un peu de feu?
Le guichetier resta un moment rêveur: