—Songe que je puis te faire repentir de ton opiniâtreté. Demain tu seras en ma puissance.

—Crois-tu?

Ces mots étaient prononcés avec une expression qui échappa au bourreau.

—Oui, et il y a une manière de serrer le nœud coulant.... tandis que, si tu deviens raisonnable, je te pendrai mieux.

—Peu m’importe ce que tu feras demain de mon cou! répondit le monstre d’un air railleur.

—Allons, ne pourrais-tu te contenter de deux écus royaux? Qu’en feras-tu?

—Adresse-toi à ton camarade, dit le brigand en montrant le guichetier; il me demande deux ducats d’or pour un peu de paille et de feu.

—Aussi, dit le bourreau, apostrophant le guichetier avec humeur, par la scie de saint Joseph! il est révoltant de faire payer du feu et de la méchante paille au poids de l’or. Deux ducats! Le guichetier répliqua aigrement:

—Je suis bien bon de n’en pas exiger quatre!—C’est vous, maître Nychol, qui êtes aussi arabe que le chiffre 2, de refuser à ce pauvre prisonnier deux ducats d’or de son cadavre, que vous pourrez vendre au moins vingt ducats à quelque savant ou à quelque médecin.

—Je n’ai jamais payé un cadavre plus de quinze ascalins, dit le bourreau.