—Eh bien, seigneur général, votre élève se fait attendre. Il devait être ici avant le coucher du soleil.

—Il y serait, dame comtesse, s’il n’était, en arrivant, allé à Munckholm.

—Comment, à Munckholm! j’espère que ce n’est pas Schumacker qu’il cherche?

—Mais cela se pourrait.

—La première visite du baron de Thorvick aura été pour Schumacker!

—Pourquoi non, comtesse? Schumacker est malheureux.

—Comment, général! le fils du vice-roi est lié avec ce prisonnier d’état!

—Frédéric Guldenlew, en me chargeant de son fils, me pria, noble dame, de l’élever comme j’eusse élevé le mien. J’ai pensé que la connaissance de Schumacker serait utile à Ordener, qui est destiné à être aussi puissant un jour. J’ai en conséquence, avec l’autorisation du vice-roi, demandé à mon frère Grummond de Knud un droit d’entrée pour toutes les prisons, que j’ai donné à Ordener.—Il en use.

—Et depuis quand, noble général, le baron Ordener a-t-il fait cette utile connaissance?

—Depuis un peu plus d’un an, dame comtesse; il paraît que la société de Schumacker lui plut, car elle le fixa assez longtemps à Drontheim; et ce n’est qu’à regret et sur mon invitation expresse qu’il en partit l’année dernière pour visiter la Norvège.