—Et Schumacker sait-il que son consolateur est le fils d’un de ses plus grands ennemis?

—Il sait que c’est un ami, et cela lui suffit, comme à nous.

—Mais vous, seigneur général, dit la comtesse avec un coup d’œil pénétrant, saviez-vous en tolérant, et même en formant cette liaison, que Schumacker avait une fille?

—Je le savais, noble comtesse.

—Et cette circonstance vous a semblé indifférente pour votre élève?

—L’élève de Levin de Knud, le fils de Frédéric Guldenlew est un homme loyal. Ordener connaît la barrière qui le séparé de la fille de Schumacker; il est incapable de séduire, sans but légitime, une fille, et surtout la fille d’un homme malheureux.

La noble comtesse d’Ahlefeld rougit et pâlit; elle tourna la tête, cherchant à éviter le regard calme du vieillard comme celui d’un accusateur.

—Enfin, balbutia-t-elle, cette liaison, général, me semble, souffrez que je le dise, singulière et imprudente. On dit que les mineurs et les peuplades du Nord menacent de se révolter, et que le nom de Schumacker est compromis dans cette affaire.

—Noble dame, vous m’étonnez! s’écria le gouverneur. Schumacker a jusqu’ici supporté tranquillement son malheur. Ce bruit est sans doute peu fondé.

La porte s’ouvrit en ce moment, et l’huissier annonça qu’un messager de sa grâce le grand-chancelier demandait à parler à la noble comtesse.