—«Et les récits des premiers arrivants, sur la terre Tahiti? Et Havaï-i, qui est le mot originel... parle-moi de Havaï-i.»

Iakoba haussa les épaules:—«Hiè! j'y suis allé voici bien longtemps. Je cherchais les signes avec ce vieux païen de Paofaï... Tiens! celui qui galope cette nuit et tout demain sur le récif! J'ai vu une île dans du feu, pendant une tempête. Quand j'ai raconté cela aux Professeurs de Christianité, ils ont beaucoup ri sur moi; ils m'ont appris les signes, les vrais; et que Havaï-i devait se dire «Havaï-i-Pé» ou bien: «l'Enfer.» On ne peut s'y rendre que mort. Il vaut bien mieux ne pas y aller du tout!»

Le jeune étranger, déconcerté, s'étirait en épiant la nuit. Elle veillait, limpide et douce à tous les vivants, mais triste pour lui, puisque privée de son amie. Il se levait pour chercher Eréna peut-être. Iakoba se hâta de proférer:

—«Voici qui t'amusera davantage. Un prêtre dont je ne sais plus le nom, m'a raconté quelque chose comme ceci...

Il était. Son nom Taároa. Il se tenait dans l'immensité. Point de terre; point de ciel; point de mer; point d'hommes...

—«Après! Après cela!

—Après, il disait aussi,—mais j'ai bien tort de te rapporter toutes ces niaiseries... Si les Missionnaires viennent à l'apprendre!... Ensuite, le prêtre disait:

Taároa appelle, et rien ne répond... et rien ne répond... Eha! j'ai oublié. Veux-tu d'autres parlers plus vifs? Par exemple, le péhé pour rire qu'on chantonne en surprenant des gens enlacés:

Ha! ils sont deux!

Ils sont deux et n'en font qu'un...»