Bientôt on fit voir aux habitants de Versailles qu’en effet la capitulation signée par un officier de l’armée allemande n’était qu’un lambeau de papier, bon à jeter au panier. Le traité promettait dans son article 1er « le respect des personnes, des propriétés, des monuments publics et objets d’art ».
Que faisaient les soldats ?
Ils enfonçaient les portes des maisons non habitées pour les piller et s’installer en maîtres dans les appartements qui leur convenaient le mieux ; les blessés venant du champ de bataille de Châtillon étaient directement dirigés sur le Château, dont les plus belles salles furent transformées en ambulances.
La capitulation disait en outre que la garde nationale conserverait ses armes et serait chargée de la police intérieure de la ville.
Les Allemands s’emparèrent immédiatement de tous les postes, et les gardes nationaux ainsi que les autres habitants furent sommés d’avoir à livrer leurs armes sous peine de mort.
La capitulation disait aussi que les troupes seraient logées dans les casernes et les établissements publics.
A peine arrivés à Versailles, les détachements allemands furent installés chez les habitants.
Enfin la capitulation portait expressément que Versailles ne payerait aucune contribution de guerre.
Vingt-quatre heures plus tard, la municipalité versaillaise était mise en demeure de verser une contribution de guerre de « 400,000 francs », représentant sa quote-part pour les indemnités payées aux Allemands expulsés de France et aux armateurs dont les navires avaient été capturés[41].
[41] Cette somme de 400,000 francs fut, il est vrai, remise à la ville de Versailles, après l’arrivée du roi.