A la vue de ces épreuves notées de la main même du comte, l’empereur, en effet, témoigna son mécontentement ; d’ailleurs, M. de Bismarck, échappé miraculeusement aux balles du fanatique Kullmann, avait gagné un nouveau prestige. Sa Majesté ne pouvait plus rien lui refuser…

Le 4 octobre 1874, M. d’Arnim se promenait dans le parc de sa belle propriété de Nassenheide, en Silésie ; il causait avec son régisseur, lorsque la sonnette de la grande grille tinta avec violence.

En un clin d’œil la propriété fut envahie par un commissaire arrivé le matin de Berlin à la tête d’une douzaine d’estaffiers qui se répandirent dans la maison, bouleversant les tiroirs, scrutant les armoires et fouillant avec rage partout où ils supposaient pouvoir découvrir un papier quelconque.

Les issues du château étaient gardées par la gendarmerie.

Les habitants du village qui accouraient effarés, ne sachant ce qui se passait, furent durement repoussés.

M. d’Arnim demanda au commissaire quelle était la raison de ce déploiement de forces et de cette invasion. A cette question, le commissaire répondit par une autre interrogation.

— Êtes-vous disposé, monsieur le comte, demanda-t-il, à me livrer les pièces mentionnées sur cette liste ? Et l’homme de police tira de sa poche la copie de la note de M. de Hohenlohe.

— J’ai déjà répondu à M. de Bulow, secrétaire de M. de Bismarck, que je considère ces pièces comme m’appartenant personnellement, d’ailleurs je n’ai plus d’ordres à recevoir de M. le chancelier, mais seulement de S. M. l’empereur.

— Par conséquent vous refusez ?

— Parfaitement.