—Une amie que j'ai rencontrée ce matin m'a conseillé de me présenter chez une couturière de la rue du Havre, madame… un drôle de nom!… madame Freudburg! au numéro 309. J'y vais et demande à la concierge à quel étage se trouve l'atelier de couture. Elle me grogne du fond de la loge: «Sonnez au troisième!»

«Arrivée sur le palier du troisième étage, je vois une grande plaque de cuivre sur une porte. Je m'approche, j'entends des rires derrière. J'ai été étonnée parce qu'on ne rit pas si fort que ça dans les ateliers de couture bien tenus. Enfin, je sonne. On ouvre.

«—Qu'est-ce que vous voulez, mademoiselle?

«—Je suis couturière, madame.

«—Ah! vous êtes couturière.

«C'était la patronne qui était venue m'ouvrir: une grande brune, trente ans, l'air pas trop comme il faut. Elle m'a lorgnée, examinée, puis, souriant:

«—Adressez-vous donc chez Mme Freudburg, en face.

«Comme elle poussait la porte, j'ai entendu:

«—Elle est très bonne pour la vieille, celle-là.

«Une douzaine de rires lui ont répondu dans les pièces voisines de l'antichambre.