Mario, vivement.—Angelotti?...

Angelotti.—Oui!

Mario, courant à la porte et tirant les verrous.—Ah! bon Dieu!... Que ne le disiez-vous plus tôt?

Angelotti.—Dieu soit loué! je ne me suis pas trompé sur votre compte...

Mario.—Ah! certes, non! Mais comment êtes-vous caché dans cette église?...

Angelotti.—Comment et pourquoi, je vous le dirai; mais, par grâce, quelques gouttes de ce vin... Je n'ai rien pris depuis hier, et je n'en puis plus de fatigue et de besoin.

Il s'assied sur l'escabeau.

Mario, allant vivement au panier, et lui versant à boire dans un gobelet.—Ah! Certes!... Tenez!... Buvez!... Buvez vite!

Angelotti.—Merci! Ne retirez pas votre main... Quand on n'a plus commerce depuis longtemps qu'avec des geôliers, des bourreaux et autres animaux malfaisants, vous ne sauriez croire quel plaisir c'est de serrer enfin dans sa main la main d'un homme. (il vide le gobelet.) Ce vin me ranime.

Mario, retournant à son panier.—J'ai mieux à VOUS offrir!... Heureusement. (Il rapporte le panier qu'il vide en parlait.) Et comment avez-vous pu vous évader?