Trévilhac, assis sur la chaise.—Ma petite expérience m'avait déjà fourni les mêmes conclusions.

Attavanti.—Dès lors, pourquoi lutter contre un fait qui s'impose? Ne vaut-il pas mieux l'accepter, pour le rendre inoffensif, et même en tirer quelque avantage?

Trévilhac.—Eh! oui-da...

Attavanti.—Laisser à la femme le choix de ce galant, c'est courir le risque qu'elle donné la préférence à quelque bellâtre sans relations et sans influence. Choisissons-le nous-mêmes, riche et bien apparenté; ce n'est plus qu'agrément et profit pour tout le monde.

Trévilhac.—Admirablement raisonné.

Attavanti.—C'est ainsi, monsieur, que l'usages s'est établi parmi nous, quand nous marions une fille de condition, de choisir dans son entourage un cavalier servant qui, fasse honneur à la famille par son crédit, plaisir, à madame par ses façons d'être... Les parents des nouveaux époux se réunissent à cet effet. On passe en revue les candidats. On pèse les mérites respectifs. La jeune épouse consulté dit son petit mot!... «Le cousin un tel lui sourirait assez!» Examinons le cousin!... Il est discuté, élu! Le mari court à lui, les bras ouverts; toute la famille lui donne l'accolade, et, de ce jour, monsieur, il est aux ordres de madame, qu'il accompagne à l'église, à l'Opéra, aux conversations!... Et nul ne songe à s'en étonner. Ce qui serait vraiment choquant, c'est qu'elle y parût au bras de son mari!

Trévilhac.—Mais c'est charmant, monsieur, tout à fait charmant!

La Princesse, redescendant, au marquis.—Ne verrons-nous pas, ce soir, la marquise? Je l'ai cherchée vainement.

Attavanti.—Eh! sans doute. Je m'en suis étonné moi-même. Elle n'est pas à Rome, paraît-il!

La Princesse.—Ah! Bah!