Ces deux compères—un grand et un petit—après une foule de détours et de contremarches, s'arrêtaient enfin derrière un banc presque entièrement dissimulé sous le feuillage d'un sapin de rond-point.

On se rappelle que cet endroit avait été précisément choisi par Gustave Després pour sa première entrevue avec Mlle Privat.

Une fois là, nos deux individus se tapirent de leur mieux dans le taillis et ne bougèrent plus.

Il était alors près de onze heures, et, dans le grand salon du cottage, la danse faisait fureur. Seul à peu près, ce carrefour éloigné du parc manquait de promeneurs, tandis que les échos de tous les bosquets des alentours redisaient les frais éclats de rire ou le murmure plus doux des conversations enjouées.

Un quart-d'heure se passa, pendant lequel le silence ne fut troublé que par le cric-crac des coléoptères se jouant au milieu des hautes herbes du gazon.

Puis, tout à coup, une voix aigre et d'un timbre caractéristique surgit des profondeurs en arrière du banc.

—Sapristi! disait la voix, je commence à m'embêter. Le particulier est capable de ne pas venir.

—Il viendra, répondit un formidable organe de basse-taille: le patron l'a dit.

—Il devrait être ici depuis une bonne demi-heure... Tu vas voir que ce chameau-là va nous brûler la politesse, répliqua la voix de fausset.

—La consigne est d'attendre, se contenta de repartir stoïquement la contre-basse.