Tout à coup, elle demanda brusquement:

—Êtes-vous fataliste, Paul?

—Pourquoi cette question? fit le jeune homme surpris.

—Peu importe... répondez toujours.

—Précisez davantage.

—Soit: croyez-vous qu'il y ait une destinée à laquelle on ne puisse se soustraire?

—Non, je ne crois pas à cela: la vie humaine n'est pas une machine que Dieu monte avec un ressort à la naissance, et qui en suit l'invincible impulsion jusqu'à la mort.

—Ah! vous pensez donc que l'on doit, en toute circonstance, se raidir contre un malheur qui nous semble inévitable.

—Je suis d'avis qu'il y aurait lâcheté à agir autrement.

—Même lorsque ce malheur est nécessaire ou nous paraît tel?