—Je n'ai pas la moindre objection, répondit la veuve, assez étonnée, et j'espère bien que mademoiselle Privat sera assez convenable pour n'en pas avoir, elle non plus.

Elle accompagna cette dernière phrase d'un regard sévère à l'adresse de sa fille, et attendit.

—Je suis à vos ordres, ma mère, répondit Laure avec calme.

—Très bien, ma fille, reprit Mme Privat, se disposant à quitter le salon: je n'attendais pas moins de votre obéissance... Et maintenant, ajouta-t-elle plus bas, en se penchant vers Laure, j'attends de ton amitié pour moi que tu répares ta maladresse de tout-à-l'heure et que tu sois aimable.

—Soyez tranquille, je serai très aimable, répondit sur le même ton la jeune fille, avec un pâle sourire.

A peu près rassurée, la crédule mère rejoignit

Champfort, qui s'était dirigé vers la porte du salon, sans attendre qu'on l'invitât à déguerpir. Avant de passer le seuil, Mme Privat dit à Lapierre:

—Vous savez que nous vous attendrons pour souper... Tâchez de terminer bien vite vos petites affaires, et de conclure, cette fois, un traité de paix durable.

—C'est, en effet, un traité que nous allons faire, répondit audacieusement Lapierre, et j'ose espérer que les parties contractantes l'observeront scrupuleusement.

—Tant mieux. A bientôt donc!... Viens, Paul.