—Maintenant, mon tourtereau, tu peux aller rejoindre, ta tourterelle. Seulement, tu n'en reviendras pas!
XIV
DANS LE TORRENT
Au petit jour,—c'est-à-dire vers six heures environ,—un jeune homme à l'air éveillé, à la mine joyeuse, suivi d'un gamin d'une quinzaine d'années, escaladait les pentes rocheuses et maigrement boisées qui servent d'arrière-plan à la baie de Kécarpoui.
Les deux promeneurs se dirigeaient vers la passerelle.
C'était Arthur Labarou, flanqué de l'inséparable Wapwi.
Tous deux paraissaient de fort bonne humeur et devisaient gaiement.
La matinée était belle; les oiseaux chantaient; le soleil, d'un beau rouge-feu, répandait sur le paysage cette clarté douce des premières heures du jour, tiédissant à peine la fraîcheur balsamique émanée, pendant la nuit, des arbres résineux de la forêt.
—Petit, la vie est bien belle parfois! disait Arthur.
—Oui, oui, bonne, la vie, le matin, quand il fait soleil!.... répliquait l'innocent Wapwi.