«Ce qu'il me reste à faire, c'est d'amadouer et d'engluer si bien les Noël, de me rendre tellement indispensable, que la bille Suzanne, en dépit de son ridicule chagrin, cesse de penser jour et nuit à un mort, pour s'apercevoir enfin qu'il existe un bon vivant dans son entourage, prêt à fie dévouer pour son bonheur.
«D'ailleurs, dans ce siège en règle que je vais entreprendre, j'aurai un précieux auxiliaire: Thomas, qui m'est dévoué.
«Quant à la mère, bien que, réconciliée avec l'oncle Jean, je parie qu'il lui reste, en dépit de tout, un vieux levain de rancune qui ne demanderait qu'à fermenter, si l'on s'y prenait habilement.
«Reste le petit Louis,—qui n'est plus un enfant, malgré son qualificatif.
«Celui-là, j'en ai peur, me donnera du fil à retordre.
«Il est toujours avec ce moricaud de Wapwi, d'un côté ou de l'autre, et je le soupçonne d'avoir un fort béguin pour ma belle et tyrannique cousine, Euphémie.
«Qu'il me succède dans le coeur de la fille à mon oncle,—je ne demande pas mieux.... Mais qu'il ne s'avise pas de se liguer avec elle pour me jouer quelque mauvais tour,—car ça ne serait pas bien du tout de la part d'un beau-frère!....
«Au reste, nous veillerons, Thomas et moi.
«Thomas Noël!.... En voilà un véritable ami, par exemple, qui n'a pas peur de mettre les mains à la pâte, lorsqu'il s'agit de tirer un copain du pétrin!....
«Vive le capitaine Thomas et son lieutenant, Gaspard!»