Qu'aperçoit-on de blanc, là-bas, dans la verte forêt?… de la neige ou des cygnes? Si c'était de la neige, elle serait fondue; des cygnes, ils s'envoleraient. Ce n'est pas de la neige, ce ne sont pas des cygnes, c'est l'éclat des tentes d'Azan-Aga. C'est là qu'il est couché, souffrant de ses blessures; sa mère et sa sœur sont venues le visiter; une excessive timidité retient sa femme de se montrer à lui.
7º Traduction de G. Fulgence (fragment en vers, sept quatrains), dans le recueil intitulé Cent chants populaires des diverses nations du monde, avec les airs, les textes originaux, des notices, la traduction française, accompagnement de piano ou harpe. Paris, Ph. Petit, 1830, deuxième livraison, pp. 28-29: «Asan-Aga, chant illyrien.»
Quelle blancheur en la forêt voilée?
Est-ce la neige ou le cygne au corps blanc?
Le cygne blanc aurait pris sa volée;
La neige fond sous le soleil brûlant.
Ce ne sont point des neiges éclatantes,
Les cygnes blancs ne s'y reposent pas;
D'Asan-Aga ce sont les blanches tentes
Asan revient blessé de trois combats.
8º Traduction anonyme [d'après Goethe]: «Complainte de la noble femme d'Azan-Aga. Poésie morlaque.» Parue dans le Magasin pittoresque, 1840, nº 52, pp.406-407.
Que voit-on de blanc sur la verte forêt? Est-ce bien la neige ou sont-ce des cygnes? Si c'était de la neige, elle serait déjà fondue; si c'étaient des cygnes, ils seraient envolés. Ce n'est pas la neige et ce ne sont pas des cygnes; ce sont les blanches toiles des tentes d'Azan-Aga. Il est couché là, souffrant cruellement de ses blessures; sa mère et sa sœur sont venues le visiter, mais par timidité sa femme s'est arrêtée sur le seuil et n'ose entrer.
9º Traduction de Henri Blaze [de Bury] dans les Poésies de Goethe, Paris, 1843, 1862, etc. Elle porte pour titre: «Complainte de la noble femme d'Hassan-Aga. Imité du morlaque.»
Que vois-je de blanc là-bas dans le bois vert? Est-ce de la neige, des cygnes? Si c'était de la neige, elle se fondrait; si c'étaient les cygnes, ils s'envoleraient; ce n'est pas de la neige, ce ne sont pas des cygnes, c'est l'éclat des tentes d'Hassan-Aga. Il est là, gisant et blessé; sa mère et sa sœur le visitent; sa femme néglige de venir vers lui.
10º Traduction de Xavier Marmier [d'après Talvj] dans la Revue contemporaine, 1853, et dans ses Lettres sur l'Adriatique et le Monténégro. Paris, 1854, t. I, pp. 300-303: «Femme d'Assan.»
Que voit-on de blanc dans la verte forêt de la montagne? Est-ce de la neige? est-ce une nuée de cygnes? Si c'était de la neige, elle serait fondue; si c'étaient des cygnes, ils se seraient envolés. Ce n'est pas de la neige, ce ne sont pas des cygnes. C'est la tente de l'aga Hassan, où il s'est retiré souffrant d'une profonde blessure. Sa mère et sa sœur ont été le visiter. Sa femme, par pudeur, n'a osé faire comme elles.