Fortis les a traduits assez exactement:
Allor che vide
L'afflitta donna il doloroso scritto,
De' suoi due figliuolin' baciò le fronti,
E delle due fanciulle i rosei volti.
Quant à Mérimée, s'il remarqua bien, «en comparant les mots du texte qui étaient répétés» avec l'interprétation italienne, que les épithètes: afflitta, doloroso ne se trouvent pas dans l'original, et s'il les effaça—comme il effacera presque toutes les épithètes dont l'abbé Fortis avait surchargé le poème: magion paterna, dure parole, fratello amato, etc.[719],—il poussa la méfiance trop loin en ne voulant pas suivre la leçon de Fortis là où elle était bonne[720]. Il rendit liza (visages, joues) par bouche: «La dame a lu cet écrit; elle baise le front de ses deux fils et la bouche vermeille de ses deux filles.»
En revanche, cette passion de remonter toujours aux sources mêmes le rapprocha plus d'une fois du vrai ton de la ballade serbo-croate, là où Fortis et tous ceux qui l'avaient suivi, y compris Goethe, s'étaient trompés. Nous citerons quelques exemples d'après M. Matić.
I
Texte original:
Za gnom terçu dve chiere djevoike.
[Ses deux filles courent après elle.]
Fortis:
Ma i di lei passi frettolose, ansanti
Le due figlie seguir.
Anonyme bernois: