Kristitsch Mladen schaute trocknen Auges, Schaute trocknen Auges auf den Leichnam…
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
Also fürchteten sie Kristitsch Mladen
Und des Kristitsch Mladen wackre Söhne.
Ces répétitions, on le remarquera, font complètement défaut dans l'original français.
On y remarquera encore une chose: «Un brave heyduque, Christich Mladin» est rendu par «der tapfre Räuber Kristitsch Mladen». En effet, tous les héros de la ballade serbe sont personnages connus—ou du moins supposés tels;—c'est leur faire injure que de mettre devant leur nom l'article indéfini.—Enfin, au vers:
Sprang der Mladen jetzt auf seine Füsse
on trouve une expression tout à fait serbe, dont il n'y a pas l'équivalent chez Mérimée,—il dit simplement: «Mladin s'est levé.» Sauter sur ses pieds et sauter sur ses pieds légers est une des expressions favorites du chanteur serbe, et M. Gerhard la connaissait bien. En voici quelques exemples tirés du premier volume de la Wila:
Und sie sprangen auf die leichten Füsse.
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Springt die Jung' auf ihre leichten Füsse.
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Sprang der Komnen auf die leichten Füsse[815].
Ainsi il illyrisait davantage la «couleur locale» de la Guzla; mais sans le faire toujours avec le même bonheur. Il changeait des noms: Jean devenait Iwan; fils d'Alexis: Alexewitsch; George Estivanich: Gjuro Stewanitsch; fils de Jean: Iwanowitsch; Hélène: Jellena; Théodore Khonopka: Todor Knopka; saint Eusèbe: der heilige Sawa[816]!
Comme le guzlar, M. Gerhard employait très fréquemment le vocatif serbe au lieu du nominatif—licence poétique qui fournit une syllabe de plus quand on en a besoin. D'où: