V
Pisombo, Pisombo! how trimly we glide!
—If the rich Carrack, that creeps o'er the tide,
Pisombo, Pisombo! were offered to me—
My own loved bark, would I take her for thee?
Suivait un commentaire: «Ces extraits, qui, nous devons le dire en toute justice, n'ont pas plus de valeur poétique qu'il n'est possible d'en attribuer à presque toutes les autres compositions du volume, satisferont peut-être le lecteur, par cette hardiesse de la pensée, cette vigueur de l'expression, cette simplicité aussi, qui sont le propre de la ballade populaire et assurent aux chants illyriens une incontestable supériorité sur les œuvres des autres bardes serbes. De plus, nous ne trouvons dans les spécimens de poésie serbe de M. Bowring aucune allusion à ces deux étranges superstitions qui, de l'Adriatique à la Mer Noire, étendent leur terrible influence et d'où proviennent dans la langue illyrienne certaines tournures empreintes de tristesse.
«La première est la superstition du mauvais œil: superstition digne d'attirer l'attention, en ce que la description de ce prétendu pouvoir de fascination auquel on croit religieusement, particulièrement en Dalmatie, s'applique exactement, sans qu'on ait à y changer une phrase, à certaines croyances populaires d'Irlande. Dans l'un et l'autre pays, le pouvoir de diriger les destinées d'autrui est accordé à certaines personnes, et cela grâce à un simple regard.»
«La seconde de ces superstitions, plus répandue encore que la précédente, le Vampirisme, rencontre de nombreux croyants dans les populations de Hongrie et de Turquie; elle est heureusement ignorée dans les Iles Britanniques.»
Après avoir ainsi relevé dans la Guzla ces deux traits qui lui paraissaient si bien caractériser le véritable esprit d'un peuple particulier, le bon critique de la Revue du Mois rendait hommage à l'extrême modestie du traducteur: «Nous n'ajouterons qu'un mot pour faire remarquer cette manière toute simple et dénuée de prétention avec laquelle ce petit travail est présenté au public. Le nom même de l'auteur si industrieux, si bien informé et d'un goût si parfait, est supprimé et sans doute avec lui nombre d'anecdotes qui eussent jeté une lumière plus intense sur cette œuvre poétique. Si, comme nous croyons devoir l'y encourager, il continue la publication des ballades illyriennes, il serait à désirer qu'il le fît avec moins de discrétion que dans les pages que nous avons sous les yeux.»
Mérimée dut être flatté d'un tel compliment.
§ 3
LA CRITIQUE DE LA «FOREIGN QUARTERLY REVIEW»
Sept mois plus tard, une autre revue anglaise, spécialement consacrée aux littératures étrangères, la Foreign Quarterly, publia un article aussi long que le précédent. M. Thomas Keightley, qui en était l'auteur, écrivain assez connu par ses études sur la mythologie, crut naturellement à l'authenticité du recueil.