Je fis le chien couchant auprès d’un grand seigneur;
Je me vis toujours pauvre, et tâchai de paraître:
Je vécus dans la peine, espérant le bonheur,
Et mourus sur un coffre, en attendant mon maître.
Turenne. Ce grand homme nous a laissé aussi des Mémoires qu’on trouve dans sa vie écrite par Ramsay[327]. Nous avons beaucoup de Mémoires de nos généraux; mais ils n’ont pas écrit comme Xénophon et César.
Vaillant (Jean-Foy), né à Beauvais, en 1632. Le public lui doit la science des médailles; et le roi, la moitié de son cabinet. Le ministre Colbert le fit voyager en Italie, en Grèce, en Égypte, en Turquie, en Perse. Des corsaires d’Alger le prirent en 1674, avec l’architecte Desgodets. Le roi les racheta tous deux. Jamais savant n’essuya plus de dangers. Mort en 1706.
Vaillant (Jean-François-Foy), né à Rome, en 1665, pendant les voyages de son père: antiquaire comme lui. Mort en 1708.
Valincourt (Jean-Baptiste-Henri du Trousset de), né en 1653. Une épître[328] que Despréaux lui a adressée fait sa plus grande réputation. On a de lui quelques petits ouvrages: il était bon littérateur. Il fit une assez grande fortune, qu’il n’eût pas faite s’il n’eût été qu’homme de lettres. Les lettres seules, dénuées de cette sagacité laborieuse qui rend un homme utile, ne procurent presque jamais qu’une vie malheureuse et méprisée. Un des meilleurs discours qu’on ait jamais prononcés à l’académie, est celui dans lequel M. de Valincourt tâche de guérir l’erreur de ce nombre prodigieux de jeunes gens qui, prenant leur fureur d’écrire pour du talent, vont présenter de mauvais vers à des princes, inondent le public de leurs brochures, et qui accusent l’ingratitude du siècle, parcequ’ils sont inutiles au monde et à eux-mêmes. Il les avertit que les professions qu’on croit les plus basses sont fort supérieures à celle qu’ils ont embrassée. Mort en 1730.
Valois (Adrien de), né à Paris, en 1607, historiographe de France. Ses meilleurs ouvrages sont sa Notice des Gaules, et son Histoire de la première race[329]. Mort en 1692.
Valois (Henri de), frère du précédent, né en 1603. Ses ouvrages sont moins utiles à des Français que ceux de son frère. Mort en 1676.
Varignon (Pierre), né à Caen, en 1654: mathématicien célèbre. Mort en 1722.
Varillas (Antoine), né dans la Marche, en 1624, historien plus agréable qu’exact. Mort en 1696.
Vavasseur (François), né dans le Charolais, en 1605, jésuite, grand littérateur. Il fit voir le premier que les Grecs et les Romains n’ont jamais connu le style burlesque, qui n’est qu’un reste de barbarie. Mort en 1681.