[61] Cette anecdote est accréditée par les Mémoires de La Porte, page 255 et suivantes. On y voit que le roi avait de l’aversion pour le cardinal; que ce ministre, son parrain et surintendant de son éducation, l’avait très mal élevé, et qu’il le laissa souvent manquer du nécessaire. Il ajoute même des accusations beaucoup plus graves, et qui rendraient la mémoire du cardinal bien infâme; mais elles ne paraissent pas prouvées, et toute accusation doit l’être.

[62] Cette galanterie et quelques imprudences dans sa conduite furent la cause et des malheurs qu’elle éprouva sous le gouvernement de Richelieu, et des bruits injurieux répandus contre elle par les frondeurs. Richelieu voulait la perdre, et il eût réussi, sans la fidélité et le courage de ses amis et de quelques uns de ses domestiques. On trouve, dans des Mémoires non imprimés du duc de La Rochefoucauld, qu’elle avait formé le projet de se retirer à Bruxelles: quoique très jeune, il était à la tête de ce complot, et s’était chargé de l’enlever et de la conduire. K.—Il s’agit, dans cette note, de la première partie des Mémoires de La Rochefoucauld, qui n’a vu le jour qu’en 1817. B.

[63] Ces paroles, fidèlement recueillies, sont dans tous les Mémoires authentiques de ce temps-là : il n’est permis ni de les omettre, ni d’y rien changer dans aucune histoire de France.

L’auteur des Mémoires de Maintenon s’avise de dire au hasard dans sa note: «Son discours ne fut pas tout-à -fait si beau, et ses yeux en dirent plus que sa bouche.» Où a-t-il pris que le discours de Louis XIV ne fut pas tout-à -fait si beau, puisque ce furent là ses propres paroles? Il ne fut ni plus ni moins beau: il fut tel qu’on le rapporte.—Voltaire l’a encore rapporté dans le chapitre LVII de son Histoire du parlement; voyez tome XXII, page 275. B.

[64] Le cardinal de Richelieu avait déjà donné des ballets, mais ils étaient sans goût, comme tout ce qu’on avait eu de spectacles avant lui. Les Français, qui ont aujourd’hui porté la danse à la perfection, n’avaient, dans la jeunesse de Louis XIV, que des danses espagnoles, comme la sarabande, la courante, la pavane, etc.

[65] Voltaire, qui approuve ici la danse de Louis XIV, cite, chapitre XXVI, les vers de Racine (dans Britannicus), et dit que «le poëte réforma le monarque.» B.

[66] Ce passage de Voltaire sur le masque de fer fournit au P. Griffet le sujet du quatorzième chapitre de son Traité des différentes sortes de preuves qui servent à établir la vérité de l’histoire. Le jésuite penche à croire que le masque de fer était le duc de Vermandois. Voyez, sur le masque de fer, tome XXVI, pages 311-18. B.

[67] Un fameux chirurgien, gendre du médecin dont je parle, et qui a appartenu au maréchal de Richelieu, est témoin de ce que j’avance; et M. de Bernaville, successeur de Saint-Mars, me l’a souvent confirmé.—Voyez le Dictionnaire philosophique, article Ana, Anectodes. K.

[68] Voyez mes notes, tome XXVI, pages 311 et 318. B.

[69] Ceci a été écrit en 1750.—Cette note se trouve dans les éditions de 1768, in-8º, et de 1769, in-4º; c’est dans l’édition de 1752 du Siècle de Louis XIV qu’avait été ajoutée l’anecdote du pêcheur. Le personnage très digne de foi, dont parle Voltaire, est Riousse, ancien commissaire des guerres à Cannes: voyez, ci-après, le Supplément au Siècle de Louis XIV, première partie. B.