La personne qui entra était M. Ratcliffe; Ellieslaw, dans le trouble qui l'agitait, ayant oublié de révoquer les ordres qu'il avait donnés pour le faire venir.
—Vous désirez me voir, monsieur, dit-il en ouvrant la porte; et ne voyant qu'Isabelle:—Miss Vere est seule! S'écria-t-il; à genoux! en pleurs!
—Laissez-moi, monsieur Ratcliffe, laissez-moi!
—Non! de par le ciel, répondit Ratcliffe: j'ai demandé plusieurs fois la permission de prendre congé de vous; on me l'a refusée; le hasard m'a mieux servi que mes prières. Excusez-moi donc; mais j'ai un devoir important dont je dois m'acquitter envers vous.
—Je ne puis vous écouter, monsieur Ratcliffe, je ne puis vous parler! ma tête n'est plus à moi. Recevez mes adieux, et laissez-moi, pour l'amour du ciel.
—Dites-moi seulement s'il est vrai que ce monstrueux mariage doive avoir lieu…, et cela, ce soir même? J'ai entendu les domestiques en parler. J'ai entendu donner l'ordre de disposer la chapelle.
—Épargnez-moi, de grâce, monsieur Ratcliffe: vous pouvez juger, d'après l'état où vous me voyez, combien une pareille question est cruelle!
—Mariée! à sir Frédéric Langley! cette nuit même…!
—Cela ne se peut…—Cela ne doit pas être…—Cela ne sera pas.
—Il faut que cela soit, monsieur Ratcliffe! la vie de mon père en dépend.