—Votre costume est élégant, et votre cheval est une excellente monture. Quels sont vos moyens de subsistance?
—Je mange quand j'ai faim; je bois quand j'ai soif; et je n'ai d'autres moyens de subsistance que ceux que le hasard met sur mon chemin.
—Sous les lois de qui vivez-vous?
—Je n'obéis à personne qu'autant que c'est mon bon plaisir.
—Mais qui est votre chef? qui vous commande?
—Le père de notre tribu, si je veux bien lui obéir. Je ne reconnais pas de maître.
—Vous êtes donc dépourvu de tout ce qui réunit les autres hommes. Vous n'avez ni lois, ni chef, ni moyens arrêtés d'existence, ni maison, ni demeure. Vous n'avez (que Dieu vous prenne en pitié!) point de patrie; et (puisse le ciel vous éclairer!) vous ne reconnaissez pas de Dieu: que vous reste-t-il donc, étant privé de religion, de gouvernement, de tout bonheur domestique?
—La liberté. Je ne rampe pas aux pieds d'un autre. Je n'ai ni obéissance ni respect pour personne. Je vais où je veux, je vis comme je peux, et je meurs quand il le faut.
—Mais vous pouvez être condamné et exécuté en un instant, au premier ordre d'un juge.
—Soit! ce n'est que pour mourir un peu plus tôt.