Sans contredit la relation fidèle des circonstances et de la publicité qui accompagnaient toujours la célébration d'un mariage au quinzième siècle ne pourrait qu'occasionner du dégoût à nos belles. Isabelle de Croye se trouverait placée dans leur estime bien au-dessous de la fille qui trait les vaches et de celle qui est chargée des plus vils emplois de la domesticité; car celle-ci, fût-elle sous la porte de l'église, refuserait la main du garçon cordonnier qu'elle va épouser, s'il lui proposait de faire nopces et festins (comme disent les enseignes des faubourgs de Paris), au lieu de monter sur l'impériale d'une diligence, pour aller passer incognito à Detford ou à Greenwich, villages aux environs de Londres, la lune de miel. Je n'en dirai donc pas davantage, et je me retirerai sans bruit des noces de la comtesse de Croye, comme le fit l'Arioste de celles d'Angélique, laissant à mes lecteurs le soin d'ajouter à mon histoire, si bon leur semble, tous les détails que pourra leur suggérer leur imagination.
D'autres pourront chanter comment le vieux castel
Ouvrit avec orgueil sa porte hospitalière,
Quand un jeune Écossais eut au pied de l'autel
Reçu la noble main de la riche héritière.
E come a ritornare in sua contrada
Trovasse e buon naviglio e miglior tempo,
E dell'India a Medor desse lo scettro
Forse altri canterà con miglior plettro.
Orlando Furioso, c. XXX, st. 16[91].
FIN DE QUENTIN DURWARD.
NOTES:
[1] Dogberry est un officier de police ridicule dans la pièce d'où l'épigraphe est tirée: Conrade lui dit qu'il est un âne, ce qui fâche beaucoup cette espèce de Brid'oison.—(Note de l'éditeur.)
[2] Édimbourg.—(Note de l'éditeur.)
[3] Quartier de la petite propriété littéraire à Londres, pour nous servir d'un terme honnête envers les petits auteurs.—(Note de l'éditeur.)