«Mais j’ai lieu d’espérer que, même contre une éventualité de cette nature, les précautions sont prises. Elles sont du ressort de la marine américaine qui nous en réserve l’agréable surprise. Tout ce que je peux dire encore, c’est que, pendant la période nécessaire à l’opération, les Américains s’arrangeront pour assumer la plus grande partie du service de surveillance sur Mas-a-Tierra.

—Parfait! crie de la Rieth.

—Cependant, il y a une lacune, objecte Rittersdorf; où prendrons-nous le ravitaillement nécessaire à une navigation de quelque durée?

Unstett se détourna en riant:

—Pour cela, vous pouvez faire crédit aux Américains, qui sont au-dessus de semblables petitesses. Les drapeaux placés sur votre carte indiquent les points où croiseront, pendant notre expédition, des vapeurs pétroliers qui seront là, en réalité, pour nous approvisionner de tout le nécessaire.

—Colossal! s’extasie l’aîné des Walding.

—Bien américain! s’écrie en écho Paul... ta gueule!

—Je demande encore un instant d’attention, fait le capitaine de cavalerie.

—Je vous en prie, répond le comte Kammitz, en invitant d’un signe ses camarades au silence.

—Ainsi, selon toute vraisemblance, nous atteignons Juan-Fernandez, développe Unstett avec le même calme, et cela d’autant plus certainement que nous comptons dans nos rangs, pour cette longue croisière, un capitaine de sous-marin dont il est difficile de trouver l’égal.