—Usons de l’aide américaine pour arriver à nos fins, suggère tout à coup Sellenkamp.
—C’est cela même, approuve Heinz de Walding; lorsque nous aurons délivré le kaiser, nous le conduirons où bon nous semblera.
—Où bon lui semblera, rectifie Grotthauser qui ajoute: et, d’ailleurs, il reste à savoir s’il n’est pas plus prudent de repousser tout de suite les avances américaines que de trahir ensuite nos associés.
—Comment l’entendez-vous, monsieur Grotthauser? s’informe Rittersdorf.
Mais déjà le calme qui émane des paroles de l’industriel a suffi pour faire rentrer les forcenés à leurs places. On se rassied autour de la table des délibérations et questions et réponses se croisent de part et d’autre, comme le cliquetis d’épées d’un assaut courtois.
—Je crois, monsieur le baron, que nous devons avoir en première ligne, devant les yeux, le bien du peuple allemand.
—Non, le bien du kaiser, aussi.
—Parfaitement! Nous devons donc rechercher la solution susceptible de concilier le bien du peuple allemand et les intérêts de l’ancien souverain de l’Allemagne.
—Eh! bien, le rétablissement de la monarchie!
—Je crains que vous ne fassiez fausse route, car seule une partie de la nation le désire.