—D’autre part, qui pourrait se dérober à la tâche qui vient de nous être tracée et qui, encore que les exigences des Américains puissent paraître intolérables, n’en a pas moins pour conséquence la réalisation du vaste projet qui occupe, aujourd’hui, nos pensées.
—Personne! s’écrie Grotthauser.
—Non, aucun de nous ne se dérobera, appuie le comte Kammitz.
Une courte pause suit, pendant laquelle Tornten se laisse retomber sur son siège; Rittersdorf ne trouve pas de réponse:
—Mais, affirme-t-il enfin, un peu contrit, je n’ai jamais songé sérieusement à me dérober.
—Je vous remercie de cette assurance, réplique Thor.
—Mais moi non plus! se hâte de corroborer Sellenkamp dont les Walding et Rieth suivent le mouvement.
—Dès lors, poursuit Tornten, nous sommes tous d’accord. Nous agissons comme les Yankees nous l’ont prescrit. Qui sait si quelque jour les circonstances ne se modifieront pas au point de nous permettre d’envisager à nouveau le retour du kaiser. Prenons l’exemple de l’éventualité d’une guerre entre Anglais et Américains. Pendant que les autres se trouveront occupés ailleurs, nous aurions les mains libres chez nous et la possibilité de nous donner un gouvernement de notre choix.
—Mais jamais contre la volonté du peuple, corrige Grotthauser.
—Jamais! acquiesce Thor.