—Vous ici, Tornten, à Mas-a-Tierra! Comment m’expliquer votre présence et qui sont ces messieurs?

—Sire, répond Tornten, nous sommes venus vous apporter la liberté.

—La liberté?

—Je supplie Votre Majesté de m’écouter. Elle voudra bien me permettre d’abord de présenter mes compagnons.

Il les nomme et le kaiser serre toutes les mains en témoignant seulement sa surprise de voir que des officiers allemands aient pu venir jusqu’à lui avec Tornten.

Ce dernier expose ensuite brièvement la genèse, le plan et l’exécution de leur entreprise. Il rend au concours des Américains un hommage mérité, mais le kaiser ne s’y laisse pas tromper et comprend, de sa propre initiative, tout ce qu’il devra à ses libérateurs si leur audacieuse tentative aboutit. Aussi est-il visiblement ému en écoutant le discours de Thor, qui n’est pas sans remarquer aux lèvres de l’empereur un tremblement inaccoutumé.

—Ainsi, on ne m’a pas oublié! prononce-t-il d’une voix contenue et plus pour lui-même que pour les officiers présents.

—Majesté, s’écrie l’aîné des Walding, le peuple allemand n’oubliera jamais son kaiser.

Guillaume de Hohenzollern observe l’expressive physionomie du jeune lieutenant de vaisseau qu’un peu de rougeur a envahi.

—N’est-ce pas seulement votre opinion personnelle?