Mais quelqu’un monte l’étroite échelle qui conduit de l’intérieur à la tourelle.

Thor prête l’oreille et croit entendre Rittersdorf et Kammitz qui s’entretiennent à voix basse. Puis la physionomie un peu troublée du baron apparaît dans l’étroite coupole, près du périscope, parmi les engrenages, les clefs et les leviers, tandis que les traits fins de Kammitz, qui a un rire un peu contraint, se haussent au niveau du commandant.

—Bonjour, Tornten, dit Kammitz, qui serre la main de son ami. Tout est en ordre?

Il est toujours revêtu de la combinaison bleue maculée d’huile. Rittersdorf n’est pas moins repoussant. Il salue aussi le colosse blond assis au périscope. L’un à droite, l’autre à gauche de Thor, ils l’encadrent et attendent sa réponse. Elle ne tarde pas:

—Cela va mieux que je n’aurais osé l’espérer. J’avoue même que cette mer déserte m’inquiète un peu. On dirait qu’on l’a balayée...

—Le balai américain, plaisante Kammitz.

—Oui, ils ont bien fait les choses, les Yankees! Et quoi de neuf?

—Rien du tout, s’empresse de répondre Rittersdorf avec une précipitation inaccoutumée.

—Où est le kaiser?

—En bas, dans la cabine. Les autres sont occupés.