D’un coup d’œil, le kaiser s’est renseigné auprès de Kammitz, qui n’a répondu que par un mouvement des épaules.

—On vous a initié à nos desseins, Tornten?

—Oui, Majesté!

—Et, naturellement, vous les approuvez?

—Non, sire... en aucune façon.

Guillaume de Hohenzollern ne peut réprimer un haut-le-corps. Ses traits se durcissent, ses lèvres se plissent comme à l’ordinaire quand la colère le gagne.

—Non? répète-t-il, tranchant. Et peut-on savoir, monsieur l’officier, ce que vous trouvez à redire à nos intentions?

—Majesté, commence le colosse qui lutte visiblement pour se contenir, ce serait la ruine du peuple allemand.

Le kaiser se tait et regarde le sol.

—Ce même peuple allemand, continue le marin, a combattu pendant des années, il a livré une guerre sanglante au prix des plus cruelles privations pour arriver à reconnaître qu’il peut se gouverner par soi-même et n’a pas besoin d’une main étrangère pour le guider.