A ce moment, comme si les événements intervenaient dans le combat de ces deux jeunes êtres contre les égarements de leur passion et la puissante emprise de la nature, tous deux entendent soudain un léger bruit, comme d’un grattement et d’un frottement venant de la fenêtre. Ils se dégagent aussitôt et prêtent l’oreille; de nouveau, le même crissement se fait entendre distinctement; on dirait que quelqu’un, de l’extérieur, cherche à s’introduire par la croisée.
Thor se précipite et, sans songer au danger, se penche à la fenêtre.
—Qui est là? demande-t-il impérieusement.
—C’est moi, Thor, lui réplique, d’en bas, une voix qu’il n’a pas tout de suite reconnue, mais qu’il reconnaît dès les premiers mots suivants, car, tandis qu’il se tait, tout surpris, l’étrange visiteur continue:
—Je voudrais entrer chez toi, par ici, Thor.
—Grotthauser? s’écrie Tornten d’une voix mal assurée.
—Je t’en prie, ne prononce pas mon nom si haut! se récrie l’autre.
—Alors, prends plutôt le chemin familier à ceux qui, comme toi, sont assurés d’être toujours bien accueillis chez moi, répond le géant blond de sa fenêtre.
—Non, je ne le peux pas. Plus tard, je te dirai pourquoi. Heureusement que tu demeures au rez-de-chaussée; pour surélevé qu’il soit, cela me procure un accès plus commode par ta fenêtre.
Thor ne s’explique pas le désir insolite de Grotthauser, mais il lui tend la main et l’aide à monter par un rétablissement. Sans doute a-t-il, pour s’introduire ainsi, des raisons de ne pas vouloir être aperçu par Toman ou les locataires de la maison.