—Qu’en savons-nous, où se trouve votre enfant? Si vous l’aviez mieux gardé, vous n’en seriez pas réduit à le chercher. Vous en êtes responsable, monsieur de Tornten, et, quand la justice aura statué, la mère vous en demandera compte.
—Hypocrite! profère Thor dans sa fureur.
—Surveillez vos paroles, Tornten, gronde le capitaine de cavalerie; ce ne sont pas toujours ceux que la nature a doués d’une haute taille et de muscles solides qui sont les plus forts! Il y a d’autres armes qu’une paire de poings de rustre!
—M’est avis que vous feriez mieux, tous deux, de modérer vos propos, intervient vivement Grotthauser, car Thor va s’élancer sur Unstett et tous deux sont prêts à passer la parole aux armes; Unstett a déjà eu un geste suspect vers sa poche, que Tornten s’est empressé d’imiter.
Mais Grotthauser les a retenus à temps et le capitaine de cavalerie change de ton.
—Je suis absolument d’accord et je crois que notre entretien ne peut que gagner à rester dans le calme. Je demeure, pour mon compte, fermement persuadé que c’est par suite d’une erreur que sont venus, chez moi, ces deux messieurs, ainsi que cette dame que je n’ai pas l’honneur de connaître.
—Il n’y a pas d’erreur, réplique sèchement Tornten, je sais que mon fils est caché ici.
Unstett raille:
—On vous aura mal renseigné. Ma maison est à votre disposition. Vous pouvez la visiter de la cave au grenier et vous persuader qu’il n’y a pas, ici, trace d’un enfant.
Le ton est tellement péremptoire et l’officier de cavalerie si sûr de lui que Tornten a renoncé aussitôt à l’idée de profiter de son offre; il revient à la charge: