Mais d’hommes, toujours point. Le décor prestigieux n’est habité que par la solitude et le silence.

Enfin, les voyageurs parviennent à un portail fermé. Jacob Grotthauser le heurte du poing et il s’ouvre. Un parc, avec de vieux et beaux arbres s’étend d’autre part et accueille Thor et son guide.

Tornten reste interdit. Il croit reconnaître le paysage.

—Qu’as-tu? Pourquoi hésites-tu? lui demande son ami mort.

—Je crois que nous sommes à Amerongen.

—Qu’importe où nous sommes, si nous y trouvons ce que nous cherchons.

Tornten essaie de s’arracher à l’étreinte de son camarade, mais déjà une apparition qui surgit dans la verdure du parc s’est emparée de son attention.

C’est un homme qui marche lentement, là-bas, au long d’une allée. Il porte une canne à béquille et s’en sert pour décapiter distraitement quelques tiges de plantes qui poussent en bordure de la pelouse.

Thor de Tornten n’a pas de peine à identifier l’image, car il l’a vue, maintes fois, sous les ombrages du parc d’Amerongen. Il lui semble revenir aux jours de paix qu’il a vécus alors, en ce même endroit, hors les frontières de son pays.

Jacob Grotthauser s’arrête et retient son ami d’une main de fer.