Jacob Grotthauser et le brillant officier qui était avec lui courbèrent la tête; le silence régna dans l’appartement, peu élégant, mais convenable toutefois, où ils se trouvaient réunis.
Le professeur reprit alors la parole:
—J’ai dû, lorsque votre ami me fut confié, cinq jours après le fatal accident du balcon de Dahlem, attirer votre attention sur la gravité de son cas. L’espoir de le guérir, par une intervention chirurgicale, cette fracture complexe de la boîte crânienne était tellement minime que j’ai préféré laisser à la nature le soin d’accomplir ce miracle. Malheureusement, il ne s’est pas produit. Le lieutenant de vaisseau Thor de Tornten a été pris d’une fièvre traumatique de la plus extrême violence et, tombé dans le coma, n’a plus, depuis, repris connaissance.
—C’est atroce! gémit Jacob Grotthauser. Quand je pense que, quelques heures avant l’accident—si l’on peut ainsi dire—nous devisions amicalement tous deux dans le train de Hanovre! Un homme si bien portant, si vigoureux!
—Un homme magnifique, approuva Kammitz en hochant la tête.
Le médecin haussa les épaules:
—Il a reçu un coup à déraciner un arbre.
Il y eut un long silence qu’interrompit enfin Grotthauser:
—Notre devoir, en qualité d’ami du défunt, est de vous remercier, monsieur le professeur, des bons soins que vous avez bien voulu lui prodiguer.
—Et, ajouta Kammitz, nous désirons vivement voir une fois encore la dépouille de notre ami.