«C’est là qu’ils doivent être.
—C’est bon, fit le lieutenant de vaisseau, d’une voix contenue mais frémissante.
—Et surtout, pas de scandale! recommanda encore le rouquin.
Mais déjà Thor ne l’écoutait plus.
Il avait ouvert la porte, la laissant béante derrière lui, afin d’y voir dans la pièce voisine. Un tapis étouffait le bruit de ses pas. Il parvint ainsi à une nouvelle porte devant laquelle il s’arrêta un court instant.
Tandis qu’il reprenait son souffle, il crut entendre un rire léger de l’autre côté de la cloison. Cela cingla sa haine. Une fureur se déchaîna en lui et sa main se porta sur le loquet.
Il hésita encore un quart de seconde, puis il ouvrit délibérément la porte.
Le hasard qui avait ménagé le drame avait bien fait les choses et amené à l’heure dite l’entrée du personnage.
En cet instant même, le capitaine embrassait tendrement sa maîtresse, une fort belle brune, et commençait de dégrafer son corsage.
Celle-ci n’opposait aucune résistance à ses galantes entreprises; bien mieux, elle lui rendait, sans retenue, ses caresses, car ses sens appelaient cet homme de tout leur désir et elle ne trouvait qu’auprès de lui la volupté que, dans la coquetterie ignorante de la jeunesse, elle avait précédemment cherchée près d’un autre.