Il se leva tard le lendemain matin. Il demanda ses amis de Paris; on lui répondit que tous deux étaient en route pour Milan. Comme il traversait une salle pour se rendre au restaurant, il remarqua le chef des garçons qui marquait sur les bagages les numéros des chambres où on devait les monter. Une malle surtout attira son attention par la quantité extraordinaire de vieux bulletins qui y étaient collés. Le garçon la marquait justement alors; le numéro était 13 bis.
Francis regarda aussitôt la carte attachée sur le couvercle. Elle portait un nom anglais: Mme James!
Sur-le-champ, il fit quelques questions sur cette dame. Elle était arrivée de bonne heure le matin, et se trouvait en ce moment au salon de lecture. Il alla regarder dans la pièce qu'on lui désignait et y vit une dame seule. Il s'avança un peu et se trouva face à face avec la comtesse.
Elle était assise dans un endroit sombre, la tête baissée et les bras croisés sur sa poitrine.
«Oui, dit-elle avec un ton d'impatience fébrile, avant que Francis ait eu le temps de parler, j'ai pense qu'il valait mieux ne pas vous attendre. Je me suis décidée à venir ici avant que personne n'ait pu prendre la chambre.
—L'avez-vous retenue pour longtemps? demanda Francis.
—Vous m'avez dit que miss Lockwood serait ici dans une semaine.
Je l'ai prise pour une semaine.
—Qu'est-ce que miss Lockwood a donc à faire dans tout cela?
—Elle a tout à y faire; il faut qu'elle couche dans la chambre.
Je la lui donnerai quand elle viendra.»
Francis commença à comprendre l'idée superstitieuse qui la poursuivait.