C'était un billet de la Banque d'Angleterre de mille livres sterling.

VI

Le lendemain, l'ami et conseiller d'Agnès Lockwood, M. Troy, vint au rendez-vous dans la soirée.

Mme Ferraris, toujours convaincue de la mort de son mari, était suffisamment remise pour assister à la consultation. Aidée par Agnès, elle dit au notaire le peu que l'on savait relativement à la disparition de Ferraris, et lui montra ensuite les lettres ayant trait à cette affaire.

M. Troy lut d'abord les trois lettres adressées par Ferraris à sa femme, puis la lettre écrite par le courrier, ami de Ferraris, racontant sa visite au palais et son entrevue avec lady Montbarry, puis enfin la ligne d'écriture anonyme qui avait accompagné le don extraordinaire de mille livres sterling fait à la femme de Ferraris.

M. Troy n'était pas seulement un homme de savoir et d'expérience dans sa profession, c'était un homme connaissant les moeurs de l'Angleterre et celles de l'étranger. Observateur habile, esprit original, il avait conserve sa bonté naturelle que la triste expérience qu'il avait acquise de l'humanité n'avait pu altérer. Malgré toutes ces qualités, était-ce le meilleur conseiller qu'Agnès pût choisir dans les circonstances actuelles?

La petite Mme Ferraris, avec tous ses mérites de bonne femme de ménage, était une femme essentiellement commune, M. Troy, lui, était la dernière personne qui eût su lui inspirer des sympathies ou de la confiance; il était tout l'opposé d'un homme ordinaire.

«Elle a l'air bien malade, la pauvre petite!»

C'est ainsi qu'il entama l'affaire, parlant de Mme Ferraris comme si elle n'eût pas été là.

«Elle a subi un terrible malheur,» répondit Agnès.