Il portait un tablier de tonnelier et avait à la main un fer rouge que, tout en criant, il appliqua sur le museau de la terrible bête.

Sans un cri, le chien lâcha prise, et, sautant à terre, se réfugia dans l’obscurité de la boutique aussi silencieusement qu’il en était sorti, pendant que Kitty était là frappée de stupeur, et avant que la foule attirée par les vociférations du tonnelier eût pu voir ce qui s’était passé.

Arbuton se redressa, et jeta un regard menaçant aux spectateurs qui l’entouraient bouche béante.

Ceux-ci commencèrent à retirer une à une leurs têtes des fenêtres, et à regagner le seuil de leurs portes, comme s’ils eussent été coupables de quelque chose de bien pire que d’avoir voulu secourir un de leurs semblables.

—Bon Dieu! dit Arbuton, quelle scène abominable!

Il était pâle comme un spectre.

Après avoir ainsi chassé du regard les spectateurs indiscrets, il se retourna vers celui qui l’avait délivré:

—Merci bien, dit-il d’un ton ferme et froid.

Puis il ôta son pardessus déchiré par les dents de l’animal, et irréparablement contaminé par ce brutal assaut.

Il le regarda en frissonnant, avec un air d’indicible dégoût, et fit un mouvement comme pour le jeter dans la rue.