Mais son regard tomba sur la petite personne malpropre du tonnelier qui se tenait immobile, roulant ses mains dans son tablier, et protestant vivement et avec volubilité que le chien n’était pas à lui, mais à un capitaine de navire anglais, qui le lui avait confié.
Il avait songé plusieurs fois à le tuer, disait-il.
Arbuton, qui paraissait ne pas l’entendre ou qui était trop occupé d’autre chose pour se demander si l’individu était coupable ou non, lui adressa tout à coup la parole en français:
—Vous m’avez rendu un grand service, monsieur; je ne peux pas vous le payer; mais prenez toujours ceci, dit-il, en glissant un billet de banque dans la main noire du petit homme.
—Oh! c’est bien trop! s’écria celui-ci. Mais c’est vraiment le fait d’un monsieur comme vous, si brave, si....
—Assez! cela n’est rien, interrompit le jeune homme.
Et jetant son paletot sur l’épaule du tonnelier:
—Faites-moi encore le plaisir de garder ceci, dit-il; peut-être pourrez-vous l’utiliser.
—Monsieur me comble... balbutia l’individu émerveillé.
Mais Arbuton se retourna brusquement du côté de Kitty, qui tremblait de porter comme les autres spectateurs sa part de responsabilité, et lui saisissant la main qu’il plaça et pressa tendrement sous son bras en s’éloignant, il laissa son interlocuteur planté au beau milieu du trottoir le regardant aller, tout ébahi.