Ils lurent l’inscription sur le monument érigé dernièrement par la municipalité à la mémoire du premier missionnaire jésuite venu au Canada et mort à Sillery.

Puis il leur sembla n’avoir rien de mieux à faire qu’à admirer les puissants radeaux et les piles de bois.

L’intérêt qu’ils semblaient prendre à l’endroit piqua la curiosité de Sillery; un petit Français entra dans la cour de la chapelle, et donna à Kitty une brochure sur l’histoire de la localité, sans vouloir accepter aucun paiement.

Une jeune femme, une Anglaise à physionomie sympathique, sortit d’une maison d’en face, et demanda en hésitant si l’on n’aimerait pas à visiter la mission.

Elle les introduisit à l’intérieur, leur montra comment l’ancien édifice avait été masqué par la construction moderne, et leur fit remarquer, par les profondes embrasures des fenêtres, que les murs avaient trois pieds d’épaisseur.

Les plafonds étaient bas et les pièces bizarrement disposées; mais le tout empruntait une certaine grandeur à sa solidité.

Il était aisé de se figurer les prêtres en soutane noire, ou les religieuses en robe grise, dans ces chambres obscures, témoins maintenant d’un genre de vie si différent.

En arrière il y avait une terrasse gazonnée, puis le rocher au flanc boisé s’élevait à pic.

—Si vous voulez monter là-haut, dit l’active petite cicerone à Kitty, lorsque son mari fut entré et eut poliment souhaité la bienvenue aux étrangers, je vous montrerai ma propre chambre qui est aussi ancienne que n’importe laquelle.

Les hommes restèrent en bas et les deux femmes montèrent dans une chambre tapissée et meublée dans le goût moderne.