—Accepté? répéta Kitty; non!

—Oh! ma chère! soupira de nouveau Mme Ellison, en se disant que ceci n’était guère préférable, et n’osant pas s’aventurer plus loin dans ses interrogations.

—Je suis dans une perplexité extrême, dit Kitty, après avoir attendu une question qui ne venait pas. J’ai besoin que vous m’aidiez à réfléchir.

—Avec plaisir, ma chérie. Mais je ne sais pas de quelle utilité je puis être pour vous. Je commence à m’apercevoir que je ne suis pas très forte sur la réflexion.

Kitty, qui désirait principalement voir la situation se dessiner plus distinctement devant elle, ne fit aucune attention à cet aveu, et se mit à raconter tout ce qui s’était passé.

Le crépuscule lui prêtait sa pénombre; et dans cette obscurité favorable, elle eut le courage de bien représenter tous les faits, même avec leur côté plaisant.

—C’était bien solennel, comme vous devez vous l’imaginer; et j’étais effrayée, dit-elle; mais je me suis efforcée de ne pas me laisser surprendre, en disant oui, simplement parce que c’était ce qu’il y avait de plus facile à faire. Je lui ai dit que je ne savais pas,—et c’était vrai; que j’avais à y songer,—et c’était encore vrai. Il n’a pas été bien généreux, et m’a dit qu’il s’était figuré que j’avais déjà eu le temps d’y réfléchir. Il ne paraissait pas bien comprendre—ou bien je n’ai pas su m’expliquer—quelles avaient été mes impressions jusque-là.

—Il pourrait certainement dire que vous l’avez encouragé, remarqua Mme Ellison toute pensive.

—Encouragé, Fanny! Comment pouvez-vous m’accuser d’une pareille indélicatesse?

—Il n’y a pas d’indélicatesse en cela. Les hommes ont besoin d’être encouragés; sinon, ils n’auraient jamais la hardiesse nécessaire. Ils sont naturellement si timides.