Au bord de la route, un paysan accompagné de son petit garçon, les yeux noirs et la bouche ouverte, coupait des harts pour lier le foin.
Le petit garçon consentit à se faire le guide des touristes jusqu’au château, à partir de l’endroit où il leur fallait mettre pied à terre et laisser la voiture.
Le petit habitant et le cocher prirent les paniers de pique-nique, et marchèrent en avant à travers d’épaisses broussailles, jusqu’à un petit cours d’eau si rapide que l’eau n’y gèle jamais, paraît-il, et assez profond pour que les chaleurs de l’été ne le tarissent point.
Un rideau de joncs le protège.
Le ruisseau traversé, une vaste clairière se présente, au centre de laquelle s’élèvent les ruines du château.
La tristesse d’un long abandon plane sur la scène.
Des vestiges de jardins et de dépendances pittoresques se voyaient encore de nos jours; mais, depuis quelques années, la désolation et le désert ont graduellement tout envahi.
La montagne qui se dresse derrière la terrasse du château se drapait dans la rougeur pâlissante des feuilles d’automne tranchant sur le vert sombre des pins qui l’enveloppent jusqu’à la cime.
Un concert d’innombrables grillons remplissait l’air calme du midi.
Les ruines en elles-mêmes ne sont point imposantes par leurs proportions. C’est un château plutôt par l’imagination populaire que par aucun droit réel à cette appellation.