Parmi les broussailles, au pied des murs, croissaient des bouquets sauvages de seringats et de lilas.

L’intérieur était encombré d’herbes folles, de ronces et de framboisiers, où pendaient encore quelques baies.

Les lourdes poutres abandonnées où elles tombèrent il y a cent ans, font preuve de la consciencieuse solidité qui présida à la construction de l’édifice; et l’on peut voir par les pierres des foyers et les chambranles des cheminées, que l’endroit a eu ses prétentions au luxe.

Pendant que les visiteurs étaient debout au milieu des ruines, une inoffensive couleuvre de jardin se glissa d’une crevasse à une autre; un oiseau s’échappa silencieusement de son nid caché dans quelque recoin élevé de la muraille.

A cet instant—si impressionnables sont les dispositions de l’esprit, et si profonde l’influence de l’imagination sur le cœur—le palais des Césars n’aurait pas produit une plus forte impression de solitude et de désolation.

Nos amis recherchèrent avidement les moindres détails pouvant répondre à ce qu’ils avaient lu dans les descriptions de ces ruines, et furent aussi satisfaits d’un débris d’escalier de cave qu’ils découvrirent à l’extérieur, que s’ils avaient trouvé le passage secret de la chambre souterraine du château, ou le trésor que le petit habitant leur assura être enfoui sous les décombres.

Ils se dispersèrent ensuite à la recherche des limites du jardin; et Arbuton s’attira des félicitations générales par la découverte qu’il fit des fondations de l’écurie du château.

Il ne restait plus qu’à procéder aux préparatifs du pique-nique.

Ils choisirent une jolie pelouse à l’ombre d’une hutte d’écorce toute délabrée, laissée là par les Indiens qui viennent camper à cet endroit pour l’été.

Dans les cendres de cet agreste foyer, ils allumèrent du feu,—Arbuton fournissant les branchages, et le colonel déployant une habileté toute particulière à réconcilier cette flamme sauvage avec la cafetière civilisée empruntée à Mme Gray.