Le premier était un sauvage ordinaire, à figure impassible; mais sa jeune compagne était jolie et presque blanche, avec une certaine attitude pleine de modestie et de douceur.

Devant eux marchait un jeune Américain coiffé d’un béret de forme écossaise, la figure empreinte de la gravité convenable au maître de cette cérémonie, dont il était probablement l’organisateur.

Bras dessus bras dessous il s’avançait avec un chef indien à forte corpulence vêtu en gros drap noir, la poitrine curieusement ornée de deux rangées de disques argentés.

Derrière les mariés venait tout le village, deux par deux, hommes, femmes et enfants de tout âge, sans en excepter les bébés à la mamelle; le tout en toilettes éclatantes et d’une allure indescriptiblement sérieuse.

Ils étaient accouplés en quelque sorte par rang d’âge et de taille.

Les derniers étaient deux jeunes gens qui paraissaient être, de plus, dans un degré d’ivresse absolument identique.

Ils s’avancèrent en décrivant des zigzags le long de la jetée, et lorsque le reste de la noce voulut couronner la journée par une visite à bord du bateau, ils s’aventurèrent en titubant sur la passerelle.

A moitié chemin, ils prirent une embardée.

Les spectateurs poussèrent un cri; mais nos deux gaillards avaient heureusement biaisé dans une autre direction.

Ils se tenaient fortement grippés l’un à l’autre, et une nouvelle embardée les avait victorieusement jetés à bord comme deux colis.