A peine avaient-ils disparu, que les autres gens de la noce—comme s’ils eussent eu instantanément satisfait leur curiosité à l’endroit du vaisseau—retournèrent à terre dans le même ordre.

Arbuton attendit avec une certaine anxiété pour voir si les deux pochards pourraient répéter leur manœuvre avec succès sur un plan incliné de bas en haut.

Or ceux-ci venaient justement d’apparaître, lorsqu’il sentit une main se glisser sans gêne et pour ainsi dire d’une façon inconsciente sous son bras, et au même instant il entendit une voix qui lui disait:

—Ceux-ci sont deux amoureux désappointés, probablement.

Il se retourna, et aperçut la jeune fille avec la société de qui il s’était promis de n’avoir rien à démêler, une main appuyée sur le plat-bord, et l’autre posée sur son bras, à lui, pendant qu’elle donnait toute son attention à ce qui se passait en bas.

L’espèce de militaire en retraite, le chef de la famille, et tout probablement son parent, s’était éloigné à l’improviste, et elle avait sans s’en apercevoir saisi le bras d’Arbuton.

Cela paraissait clair au jeune homme, mais ce qui lui restait à faire ne l’était pas autant.

Il ne lui appartenait guère, pensait-il, d’avertir la jeune fille de son erreur; et cependant il était peu généreux de n’en rien faire.

Laisser les choses où elles en étaient lui parut toutefois le plus simple, le plus sûr et le plus agréable parti à prendre, car la pression de la jolie personne, légèrement penchée sur son bras, avait quelque chose de confiant qui n’était pas sans charme.

Il attendit donc le moment où la jeune fille s’étant retournée pour avoir une réponse, et découvrant son erreur, retira précipitamment sa main, avec une expression de physionomie où se mêlaient la stupéfaction et l’envie de rire. Mais même alors il ne sut que dire.