De sorte que l’esprit, surexcité par le spectacle du premier promontoire, se calme et s’apaise à la vue de celui-ci.
La main de l’homme a travaillé, jusque dans l’ombre du cap Trinité, à ramener les esprits à leur état normal; et peut-être personne ne quitte-t-il cet endroit en proie à une émotion complète.
En tous cas, Kitty s’intéressa à certaines œuvres d’art que le rocher laissait voir à fleur d’eau.
Il y avait d’abord un curieux portrait à fresque du général Sherman, avec les insignes de son grade, et puis l’effigie encore plus frappante du général O’Neil, des armées de la république irlandaise, à l’air menaçant, et représenté là, par un effort d’imagination, comme le conquérant du Canada en l’année 1875.
Arbuton n’aimait pas ces empiètements sur la sublimité de la nature, et il ne pouvait s’expliquer, à l’avantage de Mlle Ellison et du colonel, comment ces derniers pouvaient accepter cela joyeusement comme partie agréable de l’ensemble.
Il écoutait assez mécontent leur échange de plaisanteries, lorsqu’il se sentit tout à coup étrangement entraîné par une tentation qu’éveilla chez lui un homme de l’équipage.
Celui-ci venait de placer devant les passagers un seau rempli de petits cailloux d’une grosseur invitante, en disant:
—Maintenant, voyez qui pourra toucher la montagne. Personne ne peut l’atteindre, si près qu’elle paraisse être.
Les passagers se précipitèrent sur ces projectiles, et le colonel Ellison avec plus de zèle que tous les autres.
Personne n’atteignait la falaise, lorsque tout à coup Arbuton fut pris d’un désir aveugle, fou, irrésistible de tenter l’aventure.