TROISIÈME ESCLAVE.—Demain, aujourd'hui, tout à l'heure: vous entendrez le tambour cette après-midi. L'expédition fait en quelque sorte partie du festin, et ils la veulent terminer avant de s'essuyer la bouche.

SECOND ESCLAVE.—Bon: nous allons donc revoir le monde en mouvement! Cette paix n'est bonne à rien qu'à rouiller le fer, enrichir les tailleurs, et nourrir des chansonniers.

PREMIER ESCLAVE.—Moi, je dis: ayons la guerre; elle surpasse autant la paix que le jour surpasse la nuit: elle est vive, vigilante, sonore, et pleine d'activité et de trouble. La paix est une vraie apoplexie, une léthargie fade, sourde, assoupie, insensible: elle fait plus de bâtards que la guerre ne détruit d'hommes.

SECOND ESCLAVE..—C'est cela, et comme la guerre peut s'appeler un métier de voleur, la paix n'est bonne qu'à faire des cocus.

PREMIER ESCLAVE.—Oui, et elle rend les hommes ennemis les uns des autres.

TROISIÈME ESCLAVE.—Bien dit, parce qu'ils ont alors moins besoin les uns des autres. Allons, la guerre, pour remplir ma bourse! J'espère dans peu voir les Romains à aussi vil prix dans le marché que l'ont été les Volsques..... J'entends du bruit: ils se lèvent de table.

TOUS TROIS.—Entrons vite, vite, entrons. (Ils sortent»)

SCÈNE VI

Rome.—Une place publique.

SICINIUS ET BRUTUS.