(Elles sortent.)

FIN DU DEUXIÈME ACTE.

ACTE TROISIÈME

SCÈNE I

(Une chambre du palais.)

(Entre LE ROI en robe de chambre, accompagné d'un page).

LE ROI.--Va: dis aux comtes de Surrey et de Warwick de se rendre ici; mais recommande-leur de lire auparavant ces lettres, et d'en bien méditer le contenu. Fais diligence. (Le page sort.) Combien de milliers de mes plus pauvres sujets dorment à cette heure! O sommeil, ô bienfaisant sommeil, doux réparateur de la nature, comment donc t'ai-je effrayé, que tu ne veuilles plus appesantir mes paupières, et plonger dans l'oubli mes sens assoupis? Pourquoi, sommeil, te plais-tu mieux dans la chaumière enfumée, étendu sur d'incommodes grabats, où tu t'assoupis au bourdonnement des insectes nocturnes, que dans les chambres parfumées des grands, sous la pourpre d'un dais magnifique, où les sons d'une douce mélodie invitent au repos? Dieu stupide, pourquoi vas-tu partager le lit dégoûtant du misérable, et laisses-tu la couche des rois semblable à la boîte d'une horloge, ou à la cloche qui sonne l'alarme? Quoi! tu vas fermer les yeux du mousse sur la cime agitée et périlleuse du mât, et tu le berces sur la couche de la tempête impétueuse, au milieu des vents qui saisissent par le sommet les vagues scélérates, hérissent leurs têtes monstrueuses, et les suspendent aux mobiles nuages avec des clameurs si assourdissantes qu'à ce tapage la mort elle-même se réveille. O injuste sommeil, peux-tu dans ces heures terribles accorder ton repos au mousse trempé des flots, tandis qu'au sein de la nuit la plus calme et la plus tranquille, sollicité par tous les moyens et toutes les séductions imaginables, tu le refuses à un roi!--Couchez-vous donc tranquillement, heureux misérables. La tête qui porte une couronne ne repose jamais avec calme!

(Entrent Warwick et Surrey.)

WARWICK.--Mille bonjours à Votre Majesté!

LE ROI.--Est-ce que nous sommes déjà au matin?