LE ROI.--Nous vous enjoignons, par l'obéissance que vous nous devez, d'arrêter vos mains homicides et de rester en paix.--Mon oncle Glocester, je vous en conjure, apaisez cette rixe.

UN DES GENS DU DUC.--Si l'on nous interdit les pierres, nous combattrons avec nos dents.

UN AUTRE DU PARTI OPPOSÉ.--Faites ce qui vous plaira: nous sommes aussi déterminés.

(Ils recommencent à se battre.)

GLOCESTER.--Hommes de ma maison, cessez cette ridicule querelle, et mettez fin à cet étrange combat.

UN TROISIÈME DE LA SUITE DU DUC.--Milord, nous savons que Votre Grâce est un homme juste et droit, et par votre royale naissance, vous ne le cédez à personne qu'à Sa Majesté; aussi, avant que nous souffrions qu'un si noble prince, un si bon père de l'État soit insulté par un barbouilleur d'encre, nous combattrons tous, nous, nos femmes et nos enfants, et nous consentirons plutôt à nous voir massacrés par vos ennemis.

UN AUTRE.--Oui; et morts, on nous verra creuser encore la terre de nos ongles furieux.

(Le combat recommence.)

GLOCESTER.--Arrêtez, arrêtez, vous dis-je! et si vous m'aimez comme vous le dites, laissez-moi vous persuader de suspendre un instant votre fureur.

LE ROI.--Oh! que cette discorde afflige mon âme!--Milord Winchester, pouvez-vous voir mes soupirs et mes larmes, et ne pas ralentir votre haine? Qui donc sera pitoyable, si vous ne l'êtes pas? Qui se montrera l'ami de la paix, si les saints ministres de l'Église se plaisent dans le trouble?